
Après plusieurs mois de retard, externalisation du développement oblige, Battlefront a donc enfin sorti le second module pour Combat Mission Shock Force. Sans fondamentalement renouveler le jeu, cette extension apporte du ressort à un théâtre d’opération qui commençait à s’enliser, sort inévitable à force de faire toujours le même type de scénarios avec le même type d’unités. De plus, cet add-on étant accompagné par une mise à jour du moteur du jeu, on profite un petit peu plus du potentiel encore latent de CMSF.
Les inconditionnels de Combat Mission Shock Force regretteront néanmoins le relatif manque d’améliorations sur la forme. En effet, hormis les nouvelles unités anglaises, modélisées avec grand soins, CMSF reste CMSF. Pas de nouveaux bâtiments ni décors pour agrémenter un paysage toujours aussi austère. Pas (ou très peu) de nouveaux effets spéciaux pour accentuer visuellement l’impact des combats. Une nouvelle campagne certes, ainsi que de nouveaux scénarios individuels, qui reprennent donc traits pour traits le cadre semi-désertique semi-urbain de la Syrie, décor vu et revu depuis la sortie du jeu de base. Si cette austérité est regrettable, il faut noter quand même que d’une part les scénarios sont très bien faits et d’autre part, le studio n’a jamais prétendu fournir avec ces modules beaucoup plus que de nouvelles armées. En ce sens, il n’y a au moins pas tromperie sur la marchandise. En outre, pour ceux ne connaissant pas CMSF, même si il est jouable en temps continu, le jeu n’a rien d’un STR à grand spectacle et ici, une fois n’est pas coutume, les développeurs privilégient avant tout le fond sur la forme. C’est d’ailleurs là où réside toute la force du jeu, qui n’a quasi aucun équivalent en terme de simulation et modélisation tactique du champ de bataille (Theatre of War 2 offre une alternative intéressante, mais dans le contexte de la 2nde Guerre Mondiale).
Armement de l’infanterie anglaise
Pour le profane ou quiconque n’a pas les connaissances d’un militaire de carrière, les différences entre les unités américaines et britanniques ne sauteront pas forcément aux yeux. Bien sur, l’organisation des unités ou le type de matériel différent. Selon les scénarios on aura à gérer des groupes de combats plus mobiles (avec beaucoup de véhicules légers) et des escouades plus nombreuses mais comportant un peu moins de soldats. Ceci dit, schématiquement il n’y a pas beaucoup de changement au niveau du déroulement des combats.
Le tank Challenger
Dans les batailles contre les syriens, vous disposez toujours d’une puissance de feu écrasante, et le principal écueil reste donc de bien jauger la situation, sans quoi la toute puissance d’une armée moderne ne vous évitera pas de lourdes pertes. Par contre, si vous voulez corser les choses, vous pouvez maintenant utiliser le système de Quick Battle pour obtenir une bataille entre troupes US et UK. Certes, ce système de génération de cartes n’est pas 100 % au point, et le résultat est parfois trop aléatoire et déséquilibré, mais il fonctionne suffisamment pour pouvoir enfin affronter autre chose que l’armée syrienne. Avec un peu de chance, et vu que l’arrivée des russes n’est pas prévue avant CMSF 2, grâce au relativement puissant éditeur de missions (dont l’interface n’a cependant toujours pas été améliorée) on verra probablement naître au sein de la communauté du jeu des scénarios proposant de bons affrontements américano-britanniques, soit des combats entre deux armées modernes plutôt similaires.
Une armée très mobile
Si vous jouez en solo, coté I.A. le résultat est toujours assez satisfaisant, d’autant plus en tour par tour, quand vous avez vraiment la possibilité de suivre tout les mouvements. Le comportement de l’IA n’est pas toujours idéal, bien sur, mais de toutes manières en terme de réelle adversité rien ne vaut le multijoueur. En ce qui concerne la campagne, on remarquera que les scénarios sont grosso modo un cran au-dessus de ceux des précédents volets. Les missions sont variées, allant de l’escarmouche à la grosse bataille de blindés, et malgré votre avantage initial certaines peuvent s’avérer assez délicates du fait de petites mauvaises surprises cachées ci et là. En d’autre terme, les scénaristes ont savamment pimenté l’action. Cette campagne, où les anglais viennent donc soutenir les américains en ouvrant un nouveau front en Syrie, se compose d’une quinzaine de scénarios et son déroulement offre à un moment un choix important dans la direction des opérations, donc un minimum de rejouabilité. La conclusion de cette guerre hypothétique se fera avec le prochain module OTAN (sortie prévue entre fin 2009 et début 2010, en théorie).
Au registre des améliorations intéressantes, on verra dans British Forces l’apparition des mortiers légers au sein de l’infanterie (par opposition aux mortiers disponibles hors-carte en tant que soutien d’artillerie). Cette petite nouveauté préfigure l’une des fonctionnalités prévue en mieux dans CM Normandy, et offre dans les combats quelques variations intéressantes, renforçant un peu plus l’intérêt des observateurs / éclaireurs dans les combats d’infanterie.
Mortier léger
Autre bon point, faute d’avoir de nouvelles unités syriennes, Battlefront a inclus une nouvelle brigade US (IBCT – Infantry Brigade Combat Team), étoffant ainsi l’ordre de bataille américain. Il s’agit ici d’un groupe de combat léger, mobile et lourdement armé, censé compenser par son équipement l’absence de blindés (cf. image ci-dessous ou cette brève ). La gestion des tirs de fumigènes a été optimisée, par contre du coté des munitions, c’est toujours un peu le flou (particulièrement pour les tireurs d’élites).
ICBT US
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